Pour la plupart des enfants, la rentrée se passe d'elle-même. Pour celui qui est en retard sur le plan moteur, chaque situation devient une petite résistance, toute la journée, tous les jours.
Une journée ordinaire en 1re année
L'enfant doit tenir un crayon et former des lettres. Utiliser des ciseaux. S'habiller et se déshabiller, plusieurs fois. Se repérer au vestiaire. Rester assis assez longtemps pour suivre. Porter son cartable. Participer à la récréation, où les jeux supposent de savoir courir, lancer et attraper.
Rien de tout cela ne figure à l'emploi du temps, et rien n'est évalué. C'est simplement présupposé.
Pourquoi cela passe inaperçu
Les difficultés motrices n'apparaissent pas dans les évaluations, et elles sont volontiers interprétées autrement. L'enfant est « un peu lent le matin », « ne veut pas sortir », « abandonne vite l'écriture ». Ce sont des descriptions de comportement, alors que la cause peut être corporelle.
Les troubles de la coordination motrice, connus au niveau international sous le nom de DCD, toucheraient cinq à six pour cent des enfants. Le trouble est souvent repéré tard. L'enfant trouve ses propres contournements, et ces contournements masquent la difficulté.
Ce que vous pouvez observer les premières semaines
- La tenue du crayon n'évolue pas, ou la main fatigue vite
- L'enfant évite de s'habiller seul, ou met un temps inhabituel
- Les jeux de ballon en récréation sont systématiquement évités
- L'enfant trébuche, se cogne, ou semble peu assuré dans les escaliers
- Une résistance à l'école qui apparaît après quelques semaines, pas dès le premier jour
Aucun de ces points ne signifie quoi que ce soit isolément. C'est le motif dans la durée qui constitue le signal.
À qui s'adresser
Commencez par l'enseignant référent. Il voit l'enfant dans des situations que vous ne voyez pas. L'infirmière scolaire est l'étape suivante et connaît les services de l'arrondissement. En cas de difficultés marquées, elle oriente vers un kinésithérapeute ou un ergothérapeute.
Le but n'est pas de poser une étiquette tôt. C'est d'éviter qu'un enfant passe ses trois premières années d'école à se détourner du mouvement, car c'est là que le schéma s'installe.
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